Eprouver la trans-passibilité

Nous disons, nous pensons sans cesse : « il y a ». Mais ce qu’il y a a-t-il lieu d’être ? Rien n’a lieu d’être que cette signifiance insignifiable qu’est la Réalité, apportant avec soi le sens du sens et le dimensionnel de l’être et, en toute raison, sa justification. Le que représente le y du « il y a » est l’insituable Ouvert. Par-delà tout système de repérage le « où ? » interroge l’abîme. Le rythme y répond depuis toujours en ouvrant l’Un en lui à partir de rien.

Nul projet n’y conduit. Quelle que soit l’imprévisibilité de ce moment apertural où s’engloutissent tour acquis et toute attention circonspecte, nous nous éprouvons passibles de l’entrée en présence de toute œuvre d’art véritable et co-originairement la nôtre. Par-delà tout a priori pathique, nous faisons l’épreuve gratuite et irrévocable de notre trans-passibilité.

Henri Maldiney, extrait de « ouvrir le rien, l’art nu », Editions encre marine, 2000

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