Le Sutra de la Pierre

Le Stèle chrétienne-taoïste datée de 781 se trouve au musée de Xian, ancienne capitale impériale de la dynastie Tang. Elle raconte (en caractères chinois et syriaques) l’histoire méconnue de deux siècles de développement extraordinaire de l’Eglise de l’Est (nestorienne) en Chine, à partir de l’an 635 et de l’ouverture de l’empereur Taïzong. Le texte ci-dessous en est issu. C’est la deuxième partie du Sutra de la Pierre (réf « Les Evangiles de la route de la soie », de Martin Palmer, 2011, Editions Sully)

« Au commencement était l’inchangé-incréé, le calme authentique de l’origine. L’esprit du vide émergea alors en tant que Seigneur le plus élevé, empruntant des voies mystérieuses pour éclairer les saints. Il est Joshua, mon véritable Seigneur de la vacuité, qui s’incarne dans les trois corps merveilleux et subtils, et qui fut condamné à la croix afin que les peuples des quatre directions puissent être sauvés.

Il recruta les vents primordiaux et les deux vapeurs furent créées. Il différencia la vacuité grise et déploya le ciel et la terre. Il mit le soleil et la lune sur leur course, et le jour et la nuit vinrent à exister. Il fabriqua les choses innombrables et créa les premiers humains ; Il leur donna pour nature originelle la bonté et les désigna comme gardiens de l’ensemble de la création ; Leurs esprits étaient vides. Ils étaient contents et leurs cœurs étaient simples et innocents. A l’origine, ils n’avaient pas de désir mais, sous l’influence de Satan, ils abandonnèrent leur bonté simple et pure pour l’or et ce qui brille. Tombant dans le piège de la mort et du mensonge, ils se laissèrent entraîner dans les trois cent soixante-cinq formes de péché. En faisant cela, ils ont tissé la toile de la rétribution et se sont ligotés dedans. Certains croient en l’origine matérielle des choses ; certains se sont perdus en des chemins chaotiques ; certains pensent qu’ils peuvent recevoir des bénédictions seulement en récitant des prières, et certains ont abandonné la gentillesse pour la traîtrise ; En dépit de leur intelligence et de leurs supplications véhémentes, ils ne sont arrivés à rien. Condamnés à la roue de feu qui ne cesse de tourner, ils sont brûlés et oubliés. Ayant perdu leur chemin pour des éons, ils ne peuvent plus revenir.

Donc, mon Seigneur Ye Su, l’Unique qui émane en trois corps subtils, cacha son vrai pouvoir, devint humain et vint au nom du Seigneur du Ciel prêcher les bons enseignements. Une vierge donna naissance au sacré dans une demeure de l’empire de Da Qin. Le message fut donné aux Perses qui virent et suivirent la lumière brillante pour lui offrir des présents. Les vingt-quatre saints nous ont donné les enseignements, et le ciel a décrété que la nouvelle religion de la « Pureté des Trois-en-Un dont on ne saurait parler » devait être proclamée. Ces enseignements peuvent restaurer la bonté chez les croyants sincères, délivrer ceux qui vivent dans les limites des huit domaines, raffiner la poussière et la transformer en vérité, révéler le portail des trois inchangés, nous conduire à la vie et détruire la mort. Les enseignements de la Religion de la Lumière sont comme le soleil resplendissant : ils ont le pouvoir de dissoudre le royaume obscur et de détruire le mal à jamais.

Il mit à flot le radeau du salut et de la compassion, afin que nous puissions l’utiliser pour nous élever jusqu’au palais de lumière et être unis à l’esprit. Il mena à bien l’œuvre de délivrance et, lorsque le travail fut accompli, il s’éleva jusqu’à l’immortalité au vu de tous. Il laissa vingt-quatre livres d’écritures pour inspirer notre esprit ; il dévoila les mécanismes de l’Origine ; et il nous donna la méthode de purification par l’eau. (…)

Les Rites Face-à-l’ est peuvent vous donner la direction de la vie. Ceux qui choisissent de se laisser pousser la barbe, de se raser le crâne, de cheminer sur les routes ouvertes, de renoncer au désir n’ont jamais d’esclaves mâles ni femelles, regardent les gens comme tous égaux et n’accumulent pas les biens matériels, ceux-là suivent Mes rites de purification.

Nous faisons usage de l’abstinence pour soumettre les pensées et les désirs ; et nous utilisons l’immobilité pour établir nos bases. A sept heures, nous nous réunissons pour le service, afin de prier pour le salut de tous. Tous les sept jours, nous avons une audience avec le Ciel. Nous purifions nos cœurs et retournons à la voie naturelle et simple de vérité. Cette vérité ne peut être nommée mais son action dépasse toute espérance. Quand nous avons à la nommer, nous l’appelons la Religion de la Lumière. Il en est ainsi de la Voie, ce qui est sacré ne l’est pas à moins d’être le plus sacré, ce qui est la Voie ne l’est pas à moins d’être la Grande Voie. »

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