Rater pour une pratique vivante de la ville

« Le raté ou l’échec de la raison est précisément le point aveugle qui la fait accéder à une autre dimension, celle d’une pensée qui s’articule sur du différent comme son insaisissable nécessité. La symbolique est indissociable du ratage. Les pratiques quotidiennes, fondées sur le rapport à l’occasion, c’est à dire sur le temps accidenté, seraient donc, éparpillées tout au long de la durée, dans la situation d’actes de pensée. Des gestes permanents de la pensée.

Ainsi, éliminer l’imprévu ou l’expulser du calcul comme un accident illégitime et casseur de rationalité, c’est interdire la possibilité d’une pratique vivante et « mythique » de la ville. Ce serait ne laisser à ses habitants que les morceaux d’une programmation faite par le pouvoir de l’autre et altérée par l’évènement. Le temps accidenté, c’est ce qui se raconte dans le discours effectif de la ville: une fable indéterminée, mieux articulée sur les pratiques métaphoriques et sur des lieux stratifiés que l’empire de l’évidence dans la technocratie fonctionnaliste »

Michel de Certeau, L’invention du quotidien

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