Cyborg pour le meilleur et pour le pire

Extrait de « Nos institutions publiques à bout de souffle »

Nous avons changé d’époque et nous sommes en cours de changement de civilisation, avec notamment une révolution des modes de vie et de relation, dopée par les technologies de l’information et de la communication qui se propagent à tous les peuples de la planète, et qui agissent puissamment même sur les rapports de pouvoir.
Tous ces artefacts sont en train de nous transformer en Cyborgs (couplage de cybernétique et d’organisme vivant), pour le meilleur et pour le pire, et provoquent une mutation inédite et rapide de l’espace public, vers l’espace virtuel, où les énergies collectives et individuelles s’entremêlent. Les institutions habituelles en sont profondément décontenancées et ne savent le plus souvent que prendre des mauvaises mesures comme la loi Hadopi qui font basculer quantité d’internautes vers l’anonymat et le cyberactivisme hostile aux corps constitués. Quand les forces de l’homme se composent avec celles du silicium, quelles nouvelles formes inédites, impensées, et semble-t-il impensables par nos institutions, de vies individuelles et collectives, sont-elles en train de naître ?
Au-delà d’un déploiement de dispositifs de type militaire qui transforment les corps en machines viriles, le Cyborg ne renouvelle-t-il pas l’utopie d’un ici et maintenant à métamorphoser, et que donne à imaginer la littérature de science fiction ? La réalité augmentée, au sein de laquelle s’interpénètrent de façon de plus en plus indémêlable le réel et le virtuel, le naturel et l’artificiel, et qui tente de conceptualiser ces phénomènes n’a-t-elle pas à voir avec la mémoire d’un temps ancien en Occident où l’homme était unifié et en cela pacifié, où il vivait naturellement son prolongement avec les autres corps humains ou animaux et aussi avec les choses du monde, loin de cette objectivation actuelle forcenée qui, par le réductionnisme scientifique, nous réduit à des interactions toujours plus élémentaires, nous scinde, nous isole et nous épuise ? C’est aussi et surtout sur la Toile, hors de tout cadre institutionnel, que, par l’intermédiaire de capacités perceptives et relationnelles qui se transforment, des nouvelles formes de vie s’hybrident et s’inventent.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s